Jeudi 11 janvier 2007
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La route entre Bangli et Tirta Gangga nous y a preparees : nous voila dans l'authentique Bali. Petits villages, rizieres en terrasses et nombreux bemos (taxis collectifs)... nous sommes au coeur de la vie des Balinais. Pour nous immerger completement, nous choisissons une chambre chez l'habitant : nous logerons dans un appartement situe au dessus des proprietaires et perdu en plein milieu des rizieres en terrasses, avec une vue imprenable sur le Gunung Agung. C'est avec un guide que nous partons battre la campagne, a la decouverte des cultures locales. Le riz, bien sur : nous apprenons que c'est le produit le plus rentable, et c'est peut-etre pour cette raison qu'il existe une deesse du riz nommee Dewi Sri, veneree dans tous les champs. Mais a notre grande surprise, la region regorge d'autres merveilles : le manioc, la cacahuete, la patate douce, l'aubergine, l'ananas, la mangue, le chili, le rambutan, le durian, le fruit de Jacques, le mais, le soja, la noix de coco, le palmier, le fruit du serpent... Nous sommes desormais capables de tous les identifier. Petite recreation pendant ce cours d'agronomie lorsque nous penetrons dans des maisons paysannes, dont les habitants sont en ebullition, et pour cause : ils sont en pleins preparatifs pour la fete du temple, une ceremonie religieuse hindoue qui a lieu une fois tous les deux ans.

Nous rentrons a l'hotel illico pour mettre un habit de ciconstance, avant de rejoindre la procession haute en couleurs. Les hommes sont tous de blanc vetus, un turban sur la tete et un sarong noue autour de la taille. Les femmes portent un haut ajuste et colore (et un peu transparent... quelles coquines!), le sarong traditionnel et des fleurs colorees dans les cheveux. Au dessus de leur tete, elles hissent des paniers d'offrandes qui ressemblent a de veritables pieces montees faites de fruits en tout genre, de fleurs parfumees, de riz et de batons d'encencs. Au son d'un orchestre de Gamelan ambulant, la procession chemine entre les rizieres jusqu'au temple. De nombreuses ombrelles haut-perchees parsement la farandole et donnent la touche finale au tableau.
Plus d'un millier de devots se rassemblent sur la place centrale du village situee devant le temple et y deposent leurs offrandes. Des danseuses balinaises ouvrent le bal puis cedent la place a un cortege d'hommes qui transportent de petits trones permettant aux dieux de descendre dans le temple. La priere peut commencer : toujours le meme rituel, les religieux benissent la foule avec de l'eau sacree et la population prie en silence, une fleur logee entre les paumes. Une des villageoises partage son ''kit de priere'' avec nous et nous invite a mettre des fleurs dans nos cheveux et du riz sur notre front. Les festivites dureront toute la nuit, au rythme des offrandes et des danses, au son de l'inepuisable (et epuisant) Gamelan.
Dans un registre moins fleur bleue et plus macho, nous assistons le lendemain aux mythiques combats de coq. Plus cruel mais tout aussi ritualise, ce sport national sera la distraction de la journee pour la gente masculine du village. Le jeu commence par le choix du couple de coqs, qui doivent etre de force egale, et seront equipes d'un eperon affute accroche solidement a la patte.
S'en suivent les paris, qui font monter d'un cran la pression. L'euphorie est a son comble lorsque les coqs sont laches. Un tourbillon de plumes et le combat est deja plie. Le malheureux perdant finira en pot-au-feu dans la marmite du proprietqaire du vainqueur. Malgre la cruaute de ces combats, nous apprecions d'etre au coeur du folklore balinais.
De retour dans un registre plus fleur bleue, nous visitons le majuestueux Palais d'eau de Tirta Gangga. Ce jardin manucure est parseme de grands bassins aliementes par des cascades jaillissant de la gueule de monstres de pierre... C'est un palais feerique qui invite a la relaxation.
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